Les insectes pourraient disparaître d’ici un siècle

Tous les médias le titrent en ce moment : nous sommes en train de vivre une sixième extinction de masse. Et, dans ce constat accablant, les insectes ne font pas exception. Ce seraient même les espèces les plus menacées. Des rapports inquiétants ont récemment avancé l’idée qu’ils pourraient totalement disparaître de la planète d’ici un siècle.

L’IPBES, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, a publié le 6 mai dernier son rapport sur la biodiversité dans le monde grâce au travail de 355 experts de 50 pays différents et effectué sur trois années. Et les chiffres sont alarmants : près d’un million d’espèces sont menacées d’extinction. Si aujourd’hui, la totalité des insectes n’est pas directement menacée, « La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine », peut-on lire dans le rapport de l’IPBES.

Un constat alarmant

Cela fait bien longtemps que vous n’avez pas trouvé des dizaines d’insectes sur le pare-brise de votre voiture ? C’est normal, ils sont de moins en moins nombreux. Et ils pourraient même totalement disparaître d’ici une centaine d’années. C’est ce que constate une autre étude, publiée au mois de février par des chercheurs australiens dans la revue Biological Conservation. Elle s’intéresse de très près à la situation de nos insectes. On y apprend que la moitié des espèces sont en déclin rapide. Les chercheurs Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys expliquent ainsi qu’un tiers des espèces sont menacés d’extinction et « chaque année environ 1% supplémentaire s’ajoute à la liste ».

D’après une récente étude, les températures ont augmenté de 2 degrés au cours des 30 dernières années dans une forêt protégée à Porto Rico. Parallèlement, 98% de la faune du sol a disparu et 90% au niveau de la canopée.

Aux États-Unis, ces soixante dernières années, les colonies d’abeilles ont été divisées par deux. Quant à l’Europe, on estime qu’elle aurait perdu près de 80% de ses insectes en moins de 30 ans.

Les causes du déclin

Les raisons de cette extinction, comme on s’en doute malheureusement, sont à imputer à l’homme : une urbanisation toujours plus grandissante réduisant l’habitat des insectes, une agriculture intensive, utilisant bien trop de pesticide, une déforestation qui augmente d’année en année et le réchauffement climatique
Or, même si l’on s’attendrit plus volontiers devant la disparition de l’ours polaire que devant celle du scarabée, cet effondrement aurait des conséquences dramatiques pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l’humanité.

Quels sont les risques ?

Étant à la base de tous les écosystèmes, sans insectes, la vie sur terre serait donc impossible. Leur disparition toucherait d’autres espèces dans la chaine alimentaire. En effet, de nombreuses espèces d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et même de poissons ne pourraient plus se nourrir. De nombreuses études ont déjà démontré le lien entre l’appauvrissement des insectes et déclin d’autres animaux. En Europe, le manque d’insectes a ainsi fait disparaître 400 millions d’oiseaux au cours des 30 dernières années. Aussi, comme chacun le sait, de nombreux insectes pollinisent les plantes florifères (il n’y a pas que les abeilles, tous les insectes butineurs participent à la pollinisation). Et ce sont eux qui nous offrent ainsi les trois quarts de nos aliments.

La sécurité alimentaire fait ainsi partie des nombreux risques encourus par l’homme si rien ne se passe à l’avenir.

Comment inverser la tendance ?

Fort heureusement, le rapport indique qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais c’est dès maintenant qu’il faut intervenir pour inverser la tendance. Bien que l’agriculture soit la cause principale de la disparition des insectes de la planète, il faut continuer à essayer de faire bouger les choses et agir à notre niveau.

Pour réduire les risques et inverser la tendance, commençons par pratiquer un jardinage respectueux de l’environnement. Par exemple, vous pouvez facilement installer des gîtes pour les insectes dans votre jardin. Pour cela, pensez à diversifier leurs habitats à l’aide de petits tas de bois mort, de bûches percées, de tuiles empilées ou encore de murets de pierres sèches. Vous pouvez tout aussi bien acheter un nichoir ou hôtel à insectes dans le commerce et l’installer dans un endroit ensoleillé et protégé contre la pluie. 

La diversification des plantations d’arbres et arbustes d’origine locale contribuerait également à stopper la progression de ces disparitions. Le noisetier, l’aubépine, le prunellier, le chèvrefeuille, l’églantier, l’aulne ou le lierre sont alors recommandés. La tolérance avec les « mauvaises herbes » est également de mise, de même que la floraison de nos parterres avec des fleurs mellifères.

Enfin, réaliser son propre compost en recyclant les épluchures de légumes, tontes de pelouse, feuilles mortes et autres déchets végétaux, est un des gestes simples à adopter au quotidien.

Gardez en tête que la biodiversité est source d’équilibre dans notre écosystème. Un jardin rempli d’insectes est un jardin vivant !

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